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Description : CONCLUSION.
Si le corps n'est pas respecté, il s'insurge et lutte pour rester seul maître à bord. L'élévation vers la sagesse, le désintéressement et l'oubli de soi-même peuvent constituer un idéal louable. C'est souvent la méthode employée, le mépris de la vraie structure du psychique humain qui est en question.
Enfermement à vie ? Peines de mort ? Libérations avec l'innocente illusion de la thérapie ?
Vu son d'infantilisme, il oublie vite la prison, une fois sortie. Son irréalisme aura vite fait de le ramener à ses rêves criminels. Il est évident qu'il faut s'occuper des enfants et que ceux qui les maltraitent doivent être poursuivis et condamnés. Mais en être à ce point obsédé prouve que nous doutons d'y parvenir. Une éducation plus saine, plus libre, plus vrai, moins angélique, diminuerait grandement le nombre et la gravité de toutes sortes de déviances dont bien sûr, la pédophilie. A l'opposé des thèses les plus extrémistes, tout optimisme autour de la guérison ne doit pas contribuer à la nouvelle mystification que la médecine et la science sont capable aujourd'hui de prévenir, et les crimes, et les récidives. Marie-France Botte militante belge de la lutte contre les sectes et la pédophilie intervenait en faveur ‹‹ d'une politique relative à l'égard des agresseurs ›› traduit par une ‹‹ obligation de prise en charge médicale et pluridisciplinaire pour les délinquants sexuels en milieu carcéral. ›› L'obligation de prise en charge médicale conduit à une nouvelle pression des milieux politiques et de l'opinion publique sur les thérapeutes et exclut toute la dimension individuelle, personnelle et volontaire de la démarche du sujet. Comment concevoir la psychothérapie comme une peine, alors que son principe premier suppose l'adhésion ? Comment, transformé le détenu en patient ?
C'est bien toute l'ambiguïté du projet risquant de suggérer que ‹‹ la médecine ou les techniques psychothérapeutiques sont à même de contrôler les récidives ››, instituant la science en panacée de la violence.
Souvenons-nous du film de Stanley Kubrick, " Orange mécanique ", le monument à la mémoire de la dérive possible de toute société civilisée qui se doit, en vertu de son histoire, de punir les crimes dans le respect d'une étique humaine et morale et de stopper une escalade de violence qui ne différencie plus le juge du condamné, le bien du mal. La résistance comme l'ont témoigné les femmes algériennes réside parfois dans le principe de permanence de la vie quotidienne. Il peut rendre plus fort, plus solidaire et plus efficace pour lutter contre le traumatisme et les appétences de mort
Extrait : INTRODUCTION.
‹‹ Cet amour fini toujours mal, vous pouvez en croire mon expérience. ›› Cette réplique du juge, dans la pièce de théâtre intitulé Interdit, clôturait l'émouvant discours du pédophile quinquagénaire sur sa liaison amoureuse avec une jeune fille de presque treize ans. En effet la petite fille met fin à ses jours à la fin de la pièce et laisse le spectateur perplexe. Geste d'amour ou geste qui traduit le déséquilibre, le malaise inévitable vers lequel tend ce genre de relation ? Toutefois il ne s'agit pas de juger la sincérité de leurs sentiments, mais de poser des garde-fous qui nous préserveront d'abus et de dérives. La pièce a l'avantage de s'inscrire dans une réflexion plus globale sur la confusion des sens et des sensibilités et d'essayer de prendre de la distance depuis les années noires et les découvertes macabres dans le jardin d'un simple citoyen. Les crimes de Marc Dutroux ont marqué les consciences de l'opinion publique au fer rouge. Leur cruauté et l'inculpation d'individus considérés intègres par leur entourage ont provoqué l'émoi et une colère toute justifiée. Peu après les mises en examen de suspects les associations sont montées au créneau les premières pour mobiliser et alerter l'ensemble des citoyens grâce à de nombreuses campagnes préventives sur la protection de l'enfance. Après des siècles de servitude et d'exploitation par les adultes, l'enfance est devenue une nouvelle préoccupation au point de créer une charte internationale des droits de l'enfant afin de lutter contre les violences et les abus de tout ordre dont sont victimes les enfants. Nouvelle sensibilité ou nouvelle situation ? Cet engouement révèle d'autres aspects moins honorables comme une accentuation du contrôle social. Ainsi d'autres paramètres doivent être étudiés et pris en compte pour mesurer l'ouverture toujours plus grande du spectre accordé aujourd'hui aux actes de violence sexuelle : un fait perceptible peut-être déjà noté à la manière dont ils sont énoncés. Mais c'est autour des crimes sur enfants que se confirme et se dévoile une fois encore ce qu'il y a de plus originale dans le renouvellement de la sensibilité sur le viol, au point de faire apparaître des traits majeurs de nos sociétés. La pédophilie effraie, ampute l'enfance de ce q'elle a de plus beau, la virginité diront les plus puritains, faiseurs de frustrations selon d'autres qui s'inquiètent que l'on considère l'enfant comme un être à part, exclu de l'évolution qui le verra grandir et devenir un adulte. L'infantolatrie nous dit Denis Duclos participe à une agression plus générale contre l'enfant, celle qui consiste à emprisonner le chérubin dans une enfance statique sans prendre en considération l'évolution inéluctable de l'âge adulte. L'enfance n'est qu'un stade transitoire et ne doit pas devenir un lieu de confrontation entre les différents protecteurs des enfants.
Un réaménagement des sensibilités et des peurs ou un phénomène nouveau ? La mobilisation autour du viol meurtre d'enfant est devenue si absolue qu'elle tend à faire de ce seul crime le symbole d'un " insupportable " échec face au mal.
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